"4 raisons pour lesquelles la France ne parle pas à Bachar al-Assad"

"4 raisons pour lesquelles la France ne parle pas à Bachar al-Assad"
Le 2 octobre 2015

Le Président de la république l’a clairement dit : la France ne parle pas à Bachar al-Assad. Un homme qui fait partie du problème ne peut en aucun cas en être la solution. Retour sur les raisons qui fondent la conviction française qu’une solution politique, si elle doit intégrer des éléments du régime et de l’opposition modérée, ne peut laisser aucune place à Bachar al-Assad.

Un pouvoir illégitime.
Dès mars 2011, la France a appelé au départ du président syrien et a soutenu l’aspiration de son peuple à la démocratie et à la liberté en se mobilisant en faveur d’une transition politique en Syrie. Dans cet esprit, la France a reconnu la Coalition des forces de la révolution et de l’opposition syrienne formée en novembre 2012 comme « seul représentant légitime du peuple syrien ». En juin 2014, le régime syrien organisait une parodie de scrutin présidentiel. La France a alors fait usage du choix qu’offre la Convention de Vienne sur les relations consulaires du 24 avril 1963 pour s’opposer à la tenue du scrutin sur l’ensemble de son territoire. Plusieurs pays de l’Union européenne (Allemagne, Belgique et Pays-Bas notamment) en ont fait autant. Le secrétaire général des Nations unies a qualifié Bachar al Assad de criminel contre l’humanité.

+200000 morts.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, la crise syrienne a fait plus de 200 000 morts depuis son déclenchement en février 2011. Le régime s’est rendu responsable de tirs contre des manifestants pacifiques, d’actes de torture, d’arrestations massives et de la détention extrajudiciaire de milliers de personnes - y compris des femmes et des enfants. L’aviation du régime effectue des bombardements à l’aide de barils d’explosifs sur des populations civiles (comme le montre ce reportage produit dans le cadre de l’incubateur des médias syriens de CFI, l’agence française de coopération médias). Exécutions, disparitions forcées, usage d’armes chimiques en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations-unies [lien vers l’article sur le rapport de la commission d’enquête] complètent ce tableau sordide.

1/3 de la population déplacée.
Aujourd’hui, en Syrie, c’est près d’une personne sur trois qui a dû fuir son domicile du fait de la guerre : 6,7 millions de personnes seraient déplacées à l’intérieur du pays et 10 millions de personnes auraient besoin d’une aide humanitaire d’urgence. En dépit des appels de l’ONU, l’accès aux populations reste complexe et aléatoire : les attaques ciblant les travailleurs humanitaires sont fréquentes et font obstacle à la bonne marche des programmes d’aide à l’intérieur du pays. Le régime demeure le principal responsable des difficultés entravant l’acheminement de l’aide humanitaire. Il prive délibérément et de façon systématique la population se trouvant dans les zones tenues par l’opposition des biens de première nécessité indispensables à sa survie. Conséquence directe de cette situation : famine et épidémies (notamment la polyomélite) font leur retour.

+4 millions de réfugiés.
Le chaos en Syrie alimente la crise des réfugiés que vit actuellement le Moyen-Orient. Selon le HCR, « le nombre total de réfugiés ayant fui le conflit en Syrie vers les pays voisins s’élève désormais à plus de quatre millions, confirmant que cette crise de réfugiés est la plus importante au monde depuis près d’un quart de siècle » [lien http://www.unhcr.fr/559e2ca6c.html]. Dans les pays voisins, notamment au Liban, l’afflux massif et croissant de populations fuyant la guerre a des conséquences désastreuses sur les communautés hôtes. Au 9 juillet 2015, le HCR compte plus de 4 millions de réfugiés syriens enregistrés ou en cours d’enregistrement, dont 1,8 en Turquie, 1,2 au Liban et 630000 en Jordanie.

publié le 06/10/2015

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