Allocution de l’ambassadeur à l’occasion de la signature de la convention du consortium d’appui à l’Université Galatasaray, vendredi 11 mars 2011

Allocution de l’ambassadeur à l’occasion de la signature de la convention du consortium d’appui à l’Université Galatasaray, vendredi 11 mars 2011

Monsieur le Recteur,
Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’université,
Madame les Directrices,
Mesdames et Messieurs les Doyens,

C’est avec émotion que je clôture cette cérémonie de signature de la convention liant les membres du nouveau consortium d’appui à Galatasaray, qui marque l’ouverture d’un nouveau chapitre de l’Université. C’est pour moi une dernière occasion de saluer publiquement l’ensemble des acteurs de cette extraordinaire aventure de coopération éducative et culturelle, dont le succès nous est envié par tous les partenaires de la Turquie.

Je mesure bien, au moment où il me faut quitter la Turquie, tout ce que la relation entre nos deux pays doit à la réussite du projet d’établissement d’enseignement intégré Galatasaray, symbole vivant et dynamique de ce lien si particulier, si puissant mais souvent méconnu en France qui unit nos deux pays, au service d’une collaboration ancienne et féconde.

En même temps je suis heureux et fier de vous quitter en ces belles circonstances, pendant ces deux journées entièrement consacrées à Galatasaray, avec un 28ème comité paritaire de haute tenue, un conseil académique extraordinaire qui a acté une nouvelle étape fondamentale pour le développement de l’université et son adaptation aux évolutions des paysages universitaires français et turc, la remise des insignes de la Légion d’Honneur au recteur Tolga et la cérémonie de remise des insignes de Docteur Honoris Causa à cette grande personnalité française qu’est Robert Badinter, ancien Ministre de la Justice, ancien Président du Conseil Constitutionnel. Un homme qui a marqué notre histoire contemporaine. Un homme de loi et de conviction qui restera comme celui qui permit l’abolition de la peine de mort en France. Tous ces événements me donnent l’occasion de saluer une fois de plus l’engagement sans faille de l’ensemble des acteurs de cette formidable réussite de la coopération franco-turque, de ce navire amiral de notre relation.

Au cours de ces quatre dernières années, des réformes ambitieuses ont modifié en profondeur les systèmes d’enseignement supérieur de nos deux pays, et donc le contexte de notre coopération bilatérale, en assignant un nouveau rôle à Galatasaray. Je pense bien sûr ici à la loi sur l’autonomie et la responsabilisation des universités en France que Mme Valérie Pécresse, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, est venue expliquer à Galatasaray l’an dernier et à la dynamique de massification en Turquie, efforts sans égal parmi les pays engagés dans le processus de Bologne, pour la création d’un espace européen de l’enseignement supérieur.

En réponse à ces nouveaux défis, sous l’impulsion du recteur Tolga et de son équipe, une série de grands chantiers ont été entrepris, accompagnés par les tutelles ministérielles, parmi lesquels deux me paraissent essentiels : la réforme de la Francophonie d’une part, qui permet à Galatasaray de garder sa singularité dans un environnement académique très concurrentiel, et la refonte du consortium d’autre part, qui place nos établissements au coeur du développement de Galatasaray. La reconnaissance, par le YÖK (Conseil supérieur des universités turques), de l’université Galatasaray comme l’un des 6 établissements d’excellence de Turquie, moins de 20 ans après sa naissance, vient couronner ces efforts de manière éclatante.

Lors d’un départ, il faut savoir à qui rendre les clefs pour qu’elles ne s’égarent pas. D’une certaine façon, c’est à vous, Mesdames et Messieurs les Présidents et à vos représentants, que je remets avec confiance une partie du jeu précieux que nous détenons. C’est à vous de faire fructifier ce fleuron de la coopération entre la Turquie et la France.

Vous connaissez tous la place importante que la France accorde depuis deux décennies au développement de cette université, qui a constitué l’une des priorités majeures de mon action en Turquie dans le cadre de notre coopération avec ce grand pays. Cette place doit rester et restera tout naturellement la première. Je vous le redis avec conviction, avec certitude et avec force.

Peu après mon arrivée et alors que l’ancien Président du Haut Comité de Parrainage de l’Université, feu Raymond Barre, n’avait pas été remplacé, j’avais souhaité, à la demande de mon ami İnan Kıraç, extraordinaire et infatigable Président de la Fondation de Galatasaray, et à celle du Recteur Tolga, faire désigner un nouveau président. L’ancien Premier Ministre Alain Juppé, dont j’ai été le collaborateur, a bien voulu céder à mes amicales pressions et accepter d’en prendre la présidence pour redinamiser cette institution. Les réunions du HCP en 2009 et 2010 à l’Ambassade de Turquie en France ont montré que ce pari était gagnant. La visite d’Alain Juppé à Galatasaray en novembre fut ainsi un grand succès. En outre, avec son arrivée aux fonctions de Ministre des Affaires Etrangères et Européennes et alors quil a décidé de conserver la présidence du HCP, vous devrez plus que jamais bénéficier d’une oreille attentive au plus niveau en France.

En 2012, le 14 avril exactement, vous fêterez les 20 ans de l’établissement d’enseignement intégré Galatasaray et ce sera pour mon successeur un grand moment dans l’amitié franco-turque. Cet anniversaire hautement symbolique, que vous célèbrerez avec le faste qu’il mérite, sera l’occasion de dresser le bilan des engagements que nous avons pris ensemble tout au long de ces années et de renouveler solennellement notre attachement à une expérience de coopération unique au monde.

Pour ma part, soyez certains que je resterai, malgré la distance qui nous séparera désormais, un observateur attentif de vos succès et un ami pour la vie de Galatasaray./.

publié le 25/03/2011

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