Discours de l’ambassadeur pour dire au revoir et à l’occasion du lancement des travaux de rénovation du bâtiment du Consulat de France à Izmir, lundi 14 mars 2011

Discours de l’ambassadeur pour dire au revoir et à l’occasion du lancement des travaux de rénovation du bâtiment du Consulat de France à Izmir, lundi 14 mars 2011

Monsieur le Président du conseil d’administration de Arkas Holding, Cher Lucien Arcas,
Monsieur le Consul Général, cher Hervé Magro,
Madame le Consule honoraire, chère Zeliha Toprak,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,

C’est un très grand plaisir d’être parmi vous ce soir pour un moment que beaucoup d’entre vous attendaient depuis longtemps avec le lancement des travaux de rénovation d’un bâtiment qui, je le sais, vous tiens particulièrement à cœur, car témoin de notre présence historique dans cette ville. Mais en même temps, c’est pour mon épouse et pour moi un moment chargé d’émotion puisque nous sommes venus vous dire au revoir à l’issue d’un séjour passionnant que nous n’oublierons pas.

I/ Quel meilleur symbole que l’aboutissement des longues démarches qui nous ont permis de lancer ce projet de rénovation pour illustrer le bilan de notre action en Turquie sur ces quatre dernières années !

Cette mission exaltante s’est caractérisée par la nécessité de développer dans tous les domaines nos relations bilatérales alors que notre position sur l’UE et la Turquie créait quelques incompréhensions. Nous avons eu beaucoup de temps forts :

- la Saison de la Turquie en France : Cette Saison de la Turquie, dans sa dimension affective, a joué son rôle (importante couverture de presse ; moment d’émotion comme l’illumination de la Tour Eiffel aux couleurs de la Turquie) d’amortisseur de chocs comme nous l’avions conçue. Elle a permis la multiplication des visites ministérielles et l’organisation des visites officielles du Président Gül et du Premier Ministre Erdogan en France. Elle a banalisé notre relation malgré notre différence structurelle.

- Un temps fort a naturellement été la préparation et l’organisation de la visite du Président de la République le 25 février dernier à Ankara dans un cadre G20 mais aussi dans un cadre bilatéral. Malgré la presse turque qui n’a voulu retenir que des aspects anecdotiques (durée de la visite et questions protocolaires) le fond est bien une immense réussite. Qui aurait pu imaginer une telle visite fin 2007/début 2008 ? Quels sont ses résultats ?

- La fermeture d’une parenthèse de 19 ans sans Chef de l’Etat français en Turquie. Je suis fier d’y être parvenu.

- L’adoption d’une importante déclaration conjointe sur le G20 par laquelle la Turquie soutient notre ambitieux programme. Bel effet d’affichage d’un partenariat conjoint.

- La volonté de travailler davantage ensemble sur les crises de la région et d’abord du bassin méditerranéen.

- La volonté réaffirmée de développer nos échanges économiques et commerciaux.

- Enfin, l’annonce d’une possible visite d’Etat du Président français en Turquie.

II/ Pour parvenir à ces résultats impressionnants, n’en déplaise aux esprits chagrins, ce sont tous les services de l’Etat français en Turquie qui se sont mobilisés à Ankara bien entendu, mais aussi en province, à commencer par Izmir.

Je l’ai dit à l’instant à l’Institut français d’Izmir lors du vernissage de l’exposition sur la Saison de la Turquie, où certains d’entre vous étaient présents : Izmir et sa région se sont beaucoup investis dans la Saison de la Turquie, et ont largement contribué à faire de cet événement une réussite.

Cette remarque vaut également pour tous les autres domaines d’activité de « l’équipe de France en Turquie » : politique, économique, universitaire, éducatif, etc. Dans tous ces domaines, le dispositif de notre pays à Izmir a prouvé son efficacité.

Il le doit d’abord à l’activité remarquable de notre consule honoraire, à qui je tiens à rendre un hommage tout particulier.

Chère Zeliha Toprak, votre énergie, votre disponibilité, votre entregent et votre force de conviction font de vous une inlassable promotrice des intérêts français à Izmir et dans sa région et une formidable représentante de la très riche histoire de l’amitié franco-turque à Izmir. La France est privilégiée de vous compter parmi ses Consuls honoraires. Il le doit aussi à notre Institut culturel qui rayonne grâce au talent et aux initiatives permanentes de son directeur Jean-Luc Maeso. Il le doit enfin à notre présence militaire renforcée au sein de l’OTAN et je salue le Général de corps aérien Tesnière, commandant en second l’Etat-Major interallié de la composante Air d’Izmir.

III/ C’est évidemment avec une grande émotion que je viens vous dire au revoir, après avoir eu tant de plaisir à revenir parmi vous dans cette belle ville d’Izmir où vous m’avez chaque fois si bien accueilli.

Mais cette émotion est largement tempérée par le plaisir de laisser derrière moi un bâtiment du Consulat honoraire dont je suis aussi venu marquer aujourd’hui le lancement des travaux de rénovation.

Ce bâtiment magnifique, classé monument historique, tous les smyrniotes le connaissent. L’un des rares témoignages de ce que fut l’ancien front de mer d’Izmir, il fait partie aujourd’hui des fleurons du patrimoine architectural et culturel de votre ville. Je l’ai trouvé malheureusement en très mauvais état à mon arrivée en Turquie, en septembre 2007.

L’édifice dans sa totalité, et les intérieurs de la partie noble en particulier, se sont beaucoup détériorés faute de maintenance et de réparation depuis le déménagement du consulat général en 1982 et plus encore après l’attentat de 1991 survenu lors de la 1ère guerre du Golfe, en raison de la déflagration qui a soufflé et abîmé une bonne partie des menuiseries intérieures.

Dès ma première visite à Izmir, en janvier 2008, j’ai demandé à tous les services de l’Etat français de se mobiliser pour trouver une solution pérenne afin de sauver ce bâtiment de la ruine et de lui redonner son lustre d’antan. Ce travail d’équipe extrêmement exigeant a rencontré d’innombrables difficultés pratiques et juridiques. Il a finalement abouti grâce à la détermination et à l’imagination collectives et grâce, surtout, à la francophilie inébranlable d’un homme à qui je voudrais rendre hommage particulier devant vous ce soir.

Cher Lucien Arcas, ce projet de restauration du consulat de France à Izmir n’aurait pu exister sans vous, sans votre générosité, sans l’attachement que vous portez à la France d’où sont originaires une partie de vos ancêtres. Vous avez été toujours à mes côtés tout au long de ces quatre années, à travers vos responsabilités au sein de la TUSIAD, de l’Institut du Bosphore et de la section des Conseillers du Commerce Extérieur de la France. Vous avez contribué de façon éminente à faire de la relation franco-turque ce qu’elle est aujourd’hui : une relation solide, ancrée dans l’histoire, tournée vers l’avenir et vers tout ce qui nous rapproche plutôt que crispée sur ce qui nous divise.

Aujourd’hui, grâce à vous et à ce partenariat noué avec le groupe Arkas holding, nous sommes en mesure d’entamer la réhabilitation de ces locaux consulaires désormais également destinés à un usage culturel non lucratif, puisque Lucien Arcas y exposera une partie de sa magnifique collection d’œuvres d’art au rez-de-chaussée et à l’étage du bâtiment rénové.

Ces locaux pourront être également mis à disposition en collaboration avec l’Institut d’Izmir, pour y tenir des rencontres artistiques, des conférences ou des cérémonies officielles. L’antenne d’Izmir de l’Institut français de Turquie, le Consulat général à Istanbul et l’Ambassade de France pourront ainsi disposer de ces lieux rénovés en tant que de besoin.

Ce partenariat innovant pour l’administration française permettra de mener à bien un projet extrêmement complet de rénovation, la création d’un dispositif adapté à la cohabitation de l’agence consulaire et d’un lieux d’exposition d’œuvres d’art de grande valeur.

Ce projet est la dernière pierre d’un ensemble qui, autour du centre culturel, du restaurant la Cigale, du lycée francophone Tevfik Fikret et du bâtiment rénové du Consulat Général donnera à cet endroit de la ville un petit air de « quartier français ». J’en suis heureux et fier. Notre présence ancienne à Izmir méritait un tel effort, témoignage de notre reconnaissance pour vos familles qui ont fondé une relation privilégiée entre nos deux pays et gage de notre engagement à la pérenniser.

Je laisse à mon successeur le plaisir de découvrir Izmir et de revenir dans quelques mois pour inaugurer ces locaux réhabilités : il pourra également compter, je le sais, sur la détermination, l’engagement sans faille et le talent du Consul général, mon ami Hervé Magro, pour suivre ces travaux avec toute l’attention qu’ils méritent.

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente soirée./.

publié le 25/03/2011

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