Festival International de Films de Femmes – Filmmor

Discours prononcé par la Consule générale à l’occasion de l’inauguration de la 12ème édition du Festival International de Films de Femmes – Filmmor (cliquer pour le programme détaillé) :

" Chers amis,

Je suis très heureuse d’ouvrir la 12eme édition de Filmmor,
D’abord parce que c’est une tradition, et d’autant plus que je suis une femme. Si les femmes ne contribuent pas à la cause des femmes, qui le fera ? je suis donc heureuse de partager ce festival avec nos fidèles partenaires, Istanbul modern et le musée Pera, qui présentera le cycle de Films consacrés à la réalisatrice Catherine Breillat.

Je suis heureuse d’accueillir toute l’équipe de filmmor, Melek Ozman , sa présidente et ravie de la présence de plusieurs réalisatrices notamment Zeynep Oral qui va être honorée ce soir.

La question des femme est essentielle en Turquie , tout comme elle l’est en France. J’avais prévu de célébrer la journée internationale des femmes mercredi, mais nous avons dû annuler en raison des circonstances. J’avais voulu réunir des femmes de tous horizons pour célébrer la journée internationale des femmes, y compris d’ailleurs des proches des milieux islamistes, car c’est mon travail de parler avec différents secteurs de la société turque.

Les autorités françaises sont, vous le savez, fermement engagées en faveur de l’égalité femmes hommes. Nous accueillerons d’ailleurs en juin le prochain sommet global des femmes, sous les auspices du Président de la République François Hollande et autour de notre Ministre du droit des femmes, Najat Vallaud Belkacem.

Je pense aussi que la promotion des femmes peut rapprocher nos deux pays, la France et la Turquie.

Outre la présentation du sommet de juin, j’aurais proposé d’initier un rapprochement entre milieux d’affaires turcs et français pour développer les échanges entre nos deux pays et les porter au niveau de 20 milliards d’euros, comme fixé par les Présidents Hollande et Gül lors de la visite d’Etat de notre Président de la République fin janvier. C’est important aussi pour faire évoluer l’image de la Turquie en France.

J’aurais aussi insisté sur le problème des violences faites aux femmes. Je sais que c’est un problème essentiel en Turquie. C’est sans doute pour cela aussi que la convention du conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique a été adoptée ici à Istanbul, en 2011. Je voudrais saluer les efforts du gouvernement sur ce sujet. Des efforts restent à faire. Notre Ambassade a organisé un séminaire à Diyarbakir en novembre entre Français et Turcs.

J’aurais dit un mot de la prise en charge de la petite enfance, sur laquelle nous développons aussi une coopération franco-turque. Connaissez-vous ce ce qu’on appelle le « modèle français » ? Par exemple, mon expérience personnelle est que j’ai toujours travaillé et ai trois enfants. Quand je dis que j’ai trois enfants ici, je vois que les gens sont surpris : « oyle mi ? » me répond-on. En effet, la France a le taux de natalité le plus élevé de l’UE. Le même taux natalité que la Turquie, mais beaucoup mieux réparti entre catégories socio-professionnelles. Les femmes éduquées qui travaillent peuvent avoir des enfants, car il y a des systèmes de garde…

Les femmes ont aussi le droit de ne pas avoir d’enfants. Le droit à l’avortement et sa mise en œuvre effective sont pour nous un marqueur important du droit des femmes. C’est un enjeu en France, comme cela l’est en Turquie, ai-je compris. Je sais que l’un des modules du festival est intitulé « mon corps m’appartient ».
D’une manière générale, je suis l’actualité. Comme vous, je sais bien que les droits des femmes font partie d’un ensemble : celui des libertés publiques et des principes démocratiques. C’est d’ailleurs ce que soulignent régulièrement les recommandations de l’Union européenne pour la Turquie.

Retour au cinéma. Le programme a l’air passionnant, et je souhaite à tous et toutes un excellent festival."

publié le 25/11/2014

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