Atelier franco-turc sur les modes de garde des jeunes enfants, vendredi 3 juillet 2015

Le Palais de France a accueilli un atelier franco-turc sur les modes de garde des jeunes enfants

Dans le cadre des échanges qu’il entretient avec diverses associations turques sur les thématiques des droits des femmes, de leur rôle dans la société et de leur participation à la vie économique et politique en Turquie, le Consulat général de France a organisé, en collaboration avec l’Agence française de développement (AFD), un atelier intitulé : « L’accès et le maintien des femmes sur le marché du travail : quel rôle pour les dispositifs de garde des jeunes enfants ? ».

Cet atelier s’est tenu vendredi 3 juillet au Palais de France et a réuni une cinquantaine d’invités venus de la sphère politique (notamment Mme Özlem Zengin, députée AKP et Mme Filiz Kerestecioğlu, députée HDP), du secteur municipal (municipalités de Beylikdüzü, Büyükçekmece et Zeytinburnu) et du monde associatif et économique.

Cet atelier a été l’occasion de réunir les principaux acteurs turcs aujourd’hui engagés sur le sujet des droits des femmes et de mettre en regard les dispositifs d’accueil des jeunes enfants en Turquie et en France.

L’atelier s’est ouvert avec les interventions de Mme Muriel Domenach, Consule générale de France, et de Mme Laetitia Dufay, Directrice adjointe de l’AFD. Mme Domenach a rappelé le fort engagement du Consulat dans la réflexion en cours en Turquie sur les droits des femmes. Elle a ajouté que, dans cette réflexion, « le thème de la garde des enfants nous est apparu clé, tant il conditionne l’autonomie des femmes et notamment leur capacité à travailler. Le travail des femmes fait partie des priorités du G20 dont la Turquie assure la présidence cette année (…) Mon idée, comme lors de notre précédente rencontre, est de rechercher les terrains de convergences entre femmes de différents horizons ».

Mme Laetitia Dufay a brièvement présenté l’AFD, agence publique française, dont les activités en Turquie ont pour objectif de contribuer à une croissance verte et solidaire. Depuis 2 ans, l’AFD mène des travaux de recherche sur les sujets de l’égalité hommes-femmes et sur les modes de garde d’enfants en Turquie, avec pour ambition d’identifier des projets à financer et à accompagner. Elle a souhaité que cet atelier soit l’occasion d’ouvrir de nouvelles pistes de coopération entre la France et la Turquie.

Deux présentations se sont ensuite succédées :
- une présentation, par Mme Meltem Aran (Directrice du cabinet Development Analytics), des dispositifs de garde des jeunes enfants en Turquie, sur la base des conclusions d’une étude commandée par l’AFD à Development Analytics. La présentation a souligné les difficultés rencontrées par les familles pour accéder à un mode de garde collectif : faiblesse de l’offre de crèches publiques ou privées, manque d’intérêt des entreprises pour investir dans la création des crèches pour les enfants de leurs employés (malgré une obligation législative) , prix élevés des crèches privées, notamment.
- une présentation, par Mme Yildiz Kuruoglu (AFD), du modèle français de l’accueil à la petite enfance (0-3 ans). On peut retenir du système français qu’il repose sur une politique publique volontariste de développement des structures d’accueil afin de concilier des objectifs familiaux (soutien à la natalité et conciliation de la vie personnelle et professionnelle), socio-économiques (augmentation du taux d’emploi féminin et insertion des femmes dans la vie professionnelle) et socio-éducatif (développement harmonieux du jeune enfant). Son efficacité se traduit notamment par une offre plurielle, qui couvre plus de 70% de la demande, et par un taux d’emploi des femmes (15-64 ans) supérieur à 60%.
Les participants ont unanimement reconnus la nécessité de développer l’accueil des jeunes enfants pour permettre aux mères de travailler – si elles le souhaitent - et d’assurer leur autonomie. Les réflexions se sont poursuivies sur le besoin de diversification des modes de garde des enfants, l’importance des moyens de financement, la nécessité de clarifier le rôle des différents acteurs et le fait que l’intérêt et la sécurité de l’enfant doivent primer sur toute autre chose.

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publié le 15/07/2015

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