Mehmet Ali Birand

Mehmet Ali Birand nous a quittés hier soir. De manière inattendue, même si nous savions depuis des mois qu’il avait des problèmes de santé. Les sentiments qui m’animent aujourd’hui, dans une tribune un peu inhabituelle sur ce site, sont l’incrédulité et une profonde impression de vide.

L’incrédulité de me dire que nous ne verrons plus sa manière élégante et si professionnelle de présenter le journal sur Kanal D. Que nous ne lirons plus ses commentaires si justes, souvent sans concession mais jamais agressifs dans Posta. Je me souviendrai aussi longtemps de ses conférences de rédaction, le matin lorsqu’il était à CNN Türk, un rendez-vous devenu incontournable pour moi.

Mehmet Ali Birand c’est aussi le journaliste témoin de l’histoire contemporaine de la Turquie, novateur avec son émission le "32ème jour" qui fut une révélation lors de mon premier poste dans ce pays à la fin des années 1980. Une émission qui a révolutionné le paysage audiovisuel turc en même temps qu’elle faisait découvrir aux auditeurs des reportages de haute volée sur les sujets d’actualité les plus brûlants. Je me souviens en particulier de ceux réalisés au moment de la chute de l’Union Soviétique, que je suivais avec mes voisins, fascinés par ce qu’ils découvraient.

J’ai une pensée émue pour ce grand journaliste, pour cet homme si ouvert et naturellement élégant. Comme c’est souvent le cas lorsque nous perdons quelqu’un dont nous nous sentons proches, je regrette de ne pas l’avoir encore mieux connu, de ne pas l’avoir encore davantage fait parler sur son extraordinaire carrière.

Il est difficile d’exprimer par des mots ce que l’on ressent dans de tels moments. Chacun de nous est irremplaçable mais il y a des êtres qui le sont sans doute un peu plus par l’aura qu’ils dégagent. Il était de ceux-là. À son épouse, à son fils et à toute sa famille je présente mes plus sincères condoléances.
Başımız sağolsun.

Hervé Magro

Consul général

publié le 27/08/2013

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