Point de presse de Laurent Fabius à l’arrivée des ressortissants (Roissy, Charles de Gaulle, 30 avril 2015)

Point de presse de Laurent Fabius à l’arrivée des ressortissants (Roissy, Charles de Gaulle, 30 avril 2015)

Le premier vol humanitaire revient de Katmandou. Pour l’essentiel, nous y avions des ressortissants français blessés, dont certains très sérieusement atteints, et quelque passager étrangers : italiens, allemands, coréens qui ont beaucoup remercié la France. C’est pour eux un soulagement, ils ont vécu l’enfer et nous sommes très heureux de les accueillir. Mais, dans le même temps, il y a une angoisse par rapport à ce qu’ils ont vécu et par rapport à ceux qui restent là-bas. Les Népalais sont très durement frappés et il y a encore de nombreux français que l’on n’a pas retrouvé.

Le nombre de personnes retrouvées augmente chaque jour mais il y a encore plus de 200 ressortissants que nous cherchons et nous sommes très inquiets pour certains d’entre eux.

Cet avion qui est devant nous a été mis à la disposition par Airbus que je remercie beaucoup ainsi que son équipage volontaire. Il y a un deuxième avion qui était parti avant celui-ci mais qui était bloqué dans les Émirats. Il est arrivé ce matin à Katmandou. Il va revenir, dans la journée, avec à son bord de nombreux passagers. Nous avons un troisième avion qui est un avion-cargo qui devrait se poser à Katmandou.
Nous continuons à être très actifs ; il y a des hélicoptères qui tournent pour aller récupérer un certaine de personnes bloquées en province.

Q - Quelles sont les conditions de vie sur place à Katmandou notamment à l’Ambassade de France ?

R - Elles sont très difficiles. Il s’agit d’une très petite ambassade et c’était la panique partout et pas seulement pour les Français. Cela est montré par le fait que nous avons aussi ramené des ressortissants étrangers et nous avons fait tout notre possible dans cette situation. Les gens ont essayé de faire le maximum.
Ici à Paris, le centre de crise et de soutien du Quai d’Orsay et le Samu se dévouent jour et nuit. Malheureusement, le bilan risque d’être très lourd et même si nous sommes soulagés pour ceux qui sont revenus, il faut penser à ceux qui se trouvent encore là-bas.

Q - (sur la réaction des passagers)

R- Les passagers nous ont dit qu’ils étaient très heureux d’être ici à Paris et que sur place cela avait été très difficile. Nous avions de nombreuses personnes qui faisaient du trek et qui ont été gravement blessées et ceux qui sont là ont tous frôlé la mort.

Q - (sur la mort du troisième français)

R - malheureusement oui cela s’est confirmé car l’une de personnes qui était avec le défunt vient de me confirmer son décès. Maintenant nous avons trois victimes à déplorer et je reste très interrogatif sur d’autres éventuelles victimes.

publié le 30/04/2015

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